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5 différences en entreprise entre la France et l'Allemagne

Bien qu'étant deux pays voisins, la France et l'Allemagne diffèrent dans leurs cultures respectives. Mais c'est quoi la culture avant tout ?

Selon l'UNESCO, la culture d'un pays représente l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Ainsi, dans le monde du travail et des entreprises, les deux cultures restent différentes. Le psychologue néerlandais Geert Hofstede a d'ailleurs travaillé longuement sur le sujet, en présentant 5 à 6 dimensions interculturelles à prendre en compte. Voici les 5 différences interculturelles majeures entre la France et l'Allemagne.

1. La distance hiérarchique

Cette première dimension représente le degré de distance par rapport au pouvoir et indique la capacité des individus à accepter ou tolérer une répartition inégale du pouvoir. Vous l'aurez compris, les valeurs de cette dimension ne sont pas les mêmes pour la France et l'Allemagne. Par exemple, en Allemagne le tutoiement sera davantage facile à utiliser en entreprise, là où le vouvoiement représente une habitude bien ancrée en France. Il existe une forte dimension hiérarchique en France (68 %) contre 35 % pour l'Allemagne. Et a contrario, l'Allemagne est un des pays où la distance hiérarchique reste faible. En Allemagne, un management participatif sera beaucoup plus présent qu'en France. Tandis qu'en France, les employés d'une entreprise auront moins de chance de prendre part à la prise de décision.

2. L'individualisme

L'individualisme est un terme assez simple à comprendre. Il représente l'intensité par laquelle les individus se sentent liés au groupe. Plus ce degré est élevé, plus la culture du pays est individualiste. Ainsi, une société individualiste représente le contraire d'une société où l'ensemble, le groupe, compte. Par exemple la Chine est un pays où la dimension d'individualisme est faible, puisque la communauté compte davantage. Pour comparer la France et l'Allemagne, on peut déduire par la dimension « distance hiérarchique » que l'Allemagne est une société moins individualiste. Les deux pays ont des degrés d'individualisme proches (67 % pour l'Allemagne contre 71 % pour la France, cf. graphique). En revanche, cette différence reste moins flagrante que pour d'autres dimensions entre les pays.

3. Masculinité vs féminité

Terme pour le moins tranché et probablement obsolète, le chercheur néerlandais a toutefois décidé de mettre l'accent sur ce terme pour désigner la division du rôle des sexes dans un pays. Si l'indice est faible, la société est une société dite « féminine » selon Hofstede. Si l'indice est haut, la société est « masculine ». Le chercheur émet l'idée selon laquelle il y a une distinction entre les rôles exclusivement masculins et les rôles exclusivement féminins. Il faut toutefois prendre en compte le fait qu'une société dite « féminine » ne correspond pas à une société où le rôle des sexes est clairement déterminé. Dans une culture « féminine », les relations sociales, l'environnement et les humains sont davantage pris au sérieux. Au contraire, dans une société « masculine », l'argent et le matérialisme sont des valeurs beaucoup plus importantes. La France est une société plus féminine que masculine (43 % de masculinité) quand l'Allemagne possède un score de 66 %, ce qui en fait un pays dont la culture est plutôt masculine.

4. Le contrôle de l'incertitude

Cette dimension est un peu plus compliquée à comprendre au premier abord. Faisons simple : nous allons prendre les États-Unis en exemple dans la suite de ce paragraphe. Le contrôle de l'incertitude est le degré de tolérance qu'un pays a sur le fait de « ne pas être sûr » et sur l'ambiguïté. Comment une société arrive à gérer l'inconnu, l'inattendu ? Et surtout, comment un pays réagit face à l'anxiété liée au changement. Il existe des sociétés qui vont réduire leur risque d'anxiété par rapport à l'inattendu et l'inconnu. Elles vont éviter l'incertitude et seront beaucoup plus tranchées dans leurs règles, avec moins de souplesse dans leurs lois par exemple. Quand un pays est moins tolérant face au changement, l'innovation se fait plus lentement, voire pas du tout selon les pays. Plus cet indice est élevé, plus le pays a peur de l'inconnu.

Si on compare les États-Unis et la France, et nous l'avons tous déjà entendu, la culture américaine est davantage ciblée sur le fait d'essayer et de se lancer, quitte à ne pas avoir peur d'un trébuchement possible. Les Français n'aiment pas les surprises ! La France (86 %) est quasiment deux fois moins tolérante face au changement par rapport aux USA (46 %). En reprenant le premier graphique, et pour comparer la France à l'Allemagne, il faut prendre en compte dans votre démarche de développement à l'international que l'Allemagne (65 %) est plus tolérante face aux changements que la France. Néanmoins, les deux pays restent beaucoup plus méfiants que les États-Unis sur cette dimension-là.

5. L'orientation à court terme et l'orientation à long terme

Cette dimension rejoint la précédente, à savoir le contrôle de l'incertitude, mais va venir appuyer certains points non évoqués. Une société dont la vision est à long terme est une société qui va se focaliser sur son intensité à préparer le futur. Les efforts liés à la préparation du futur vont être davantage possibles que dans une société ayant une vision à court terme. Cette dernière va être ancrée dans ses habitudes et va mettre l'accent sur ses traditions et la normalité face aux changements. Il s'agit ici encore une fois d'un autre facteur lié à la peur du changement. En comparant la France et l'Allemagne, toujours selon Hofstede, nous remarquons que l'Allemagne est un pays très orienté sur une vision à long terme (83 %) tandis que la France reste un pays orienté sur une vision à long terme aussi, mais dans des proportions moindres (63 %). Les deux pays vont tout de même penser à économiser, investir et rester disciplinés dans l'atteinte de leurs buts.

6. L'indulgence face à la sévérité (bonus)

Cette nouvelle dimension, officiellement intégrée en 2010 aux dimensions interculturelles de Hofstede, vient compléter les 5 autres. Le bonheur et les plaisirs de la vie ont-ils lieu d'être dans tous les moments de vie, et même au travail ? Doivent-ils être explicitement vécus ? Une société indulgente est une société dont les individus considèrent que le bonheur et la joie de vivre sont le droit de tous et peuvent être adaptés et vécus dans plusieurs domaines de la vie.

A contrario, la sévérité va représenter le fait que le bonheur et les plaisirs doivent servir de récompense méritée. Selon cultureinworkplace.com, dans une société dite sévère, « le bonheur, le plaisir et la joie de vivre sont plutôt considérés comme la récompense durement gagnée par la modération, la retenue, l'accomplissement du devoir et la mise de côté des propres besoins, parce que la vie n'est pas vraiment « drôle » ». Une dimension temporelle du bonheur donc, où la joie de vivre doit être « reportée dans le temps ». Qu'en est-il de l'Allemagne et de la France ? D'après Hofstede, la France obtient un score de 48 %. Avec une valeur un peu plus basse, l'Allemagne, elle, obtient un score de 40 %. La France est presque indulgente et sévère à la fois, quand l'Allemagne garde majoritairement cette dimension du côté de la sévérité. Selon le chercheur néerlandais, la société allemande est plus du genre à être cynique et pessimiste. Même si les faibles 48 % d'indulgence française semblent toutefois montrer que les Français profitent moins de la vie que ce que l'on croit communément.

Bon, résumons

Bien qu'étant deux pays voisins, dont certaines dimensions interculturelles restent proches, la France et l'Allemagne ont des différences interculturelles à ne pas négliger. La France est un pays dont la société porte plus d'attention aux êtres humains et à son environnement, là où l'Allemagne va se focaliser davantage sur l'argent et les biens matériels. La distance hiérarchique française peut culturellement chambouler certains de nos voisins allemands, car en Allemagne le management participatif et le tutoiement sont beaucoup plus ancrés. N'oublions pas que la société allemande est une société un peu plus collectiviste que la société française, qui tend vers l'individualisme. Enfin, il est important de noter, dans votre démarche de développement sur le marché allemand, que l'Allemagne est moins « peureuse » face à l'inconnu et sera davantage tournée vers l'innovation et le changement que la France.

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